Guide sur la délivrabilité email

Introduction

Ce guide sur la délivrabilité email est une adaptation du cours sur l’emailing co-rédigé par Marion Duchatelet et Jonathan Loriaux pour OpenClassRoom, qui lui-même est une émanation de la formation délivrabilité email que nous avons développée ces dernières années.

La délivrabilité, c’est la science, ou l’art, de délivrer un e-mail en boîte de réception et non en boîte spam.

Comme nous allons le voir dans un instant dans ce guide, cela reste un défi important, et vous en avez toutes les clefs. Malheureusement, la délivrabilité est victime de nombreux mythes qui parfois existent depuis de nombreuses années… alors qu’ils n’ont plus lieu d’être depuis fort longtemps.

Comme nous allons le voir dans ce guide, ce n’est pas votre plateforme d’envoi qui fait une bonne délivrabilité email. Ce sont vos pratiques et le respect que vous avez pour les destinataires de vos messages.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à nous faire signe si vous avez des questions ou besoin d’un coup de main !

Pourquoi vos e-mails vont-ils dans les spams ?

Identifier ce qu’est un spam

Il y a plusieurs approches permettant de comprendre ce qu’est un spam.

La loi

La première approche est légale. Au regard de la loi, un spam peut être considéré comme un message envoyé sans le consentement du destinataire. Mais au final, si le consentement est un élément crucial en email marketing, ce n’est pas ce qui compte le plus en délivrabilité. Nous allons voir ça tout de suite.

La perception du destinataire

La perception du destinataire, c’est l’approche qui a largement le plus d’importance en délivrabilité. Vous, moi, et l’ensemble des destinataires d’e-mails, on a tous à un moment ou à un autre été irrité par un e-mail. Parce que celui-ci n’est pas arrivé au bon moment, parce que le message était à côté de la plaque, parce qu’on a jugé qu’il était agressif, parce qu’on en reçoit trop…

Cette notion d’irritation est absolument centrale. Ce que les filtres antispam tentent de faire, c’est justement de comprendre et de deviner si les messages d’un annonceur sont jugés, ou non, irritants par les destinataires.

Lutter contre le spam

Si on veut comprendre comment fonctionne la lutte antispam (et aussi pourquoi elle vous concerne, même si vous pensez avoir de bonnes pratiques), il faut comprendre pourquoi il est devenu extrêmement important de lutter contre le spam.

Ces dernières années, on estime que la proportion de spams (par rapport au nombre total d’e-mails qui s’échangent) est d’environ 45 % (voir l’étude ci-dessous).

Source : Satista 2019
Source : Satista 2019

Ceci avec des fluctuations très importantes d’un mois à l’autre… et on peut remarquer que l’on revient de très loin. À l’âge d’or du spam, entre 2007 et 2010, on était à plus de 80 % de spams.

Stocker ce spam coûte cher, lutter contre ce spam pour qu’il n’envahisse pas les boîtes e-mail des individus et des entreprises coûte très cher.

Assimilez le défi des messageries et le concept de “graymail”

Si l’on devait définir une “échelle” de la respectabilité de l’e-mail, on aurait d’un côté les emails interpersonnels, ceux que vous et moi échangeons avec notre famille, nos amis, nos collègues, l’administration. De l’autre côté de l’échelle, on trouverait les messages criminels : phishing, extorsion, arnaques, produits illégaux.

Les e-mails commerciaux se trouvent à la croisée des chemins.

L’objectif des messageries est double :

  1. Se protéger pour ne rien avoir à se reprocher : les emails criminels !
  2. Rendre leurs messageries exemptes de tous irritants pour leurs utilisateurs !

Pour cette raison, les filtres vont bien plus loin que la simple définition légale du spam, et vont travailler sur la dimension “irritation”. Certains, dont Vade Secure, dont on reparlera plus loin, ont inventé la notion de graymail.

Source : Vade Secure
Source : Vade Secure

Le graymail, ce sont tous les messages commerciaux et publicitaires, qui ne sont pas vraiment du spam, mais qui ne sont pas toujours désirés par les destinataires.

Ces messages, en fonction de leur réputation (notion que nous verrons au chapitre suivant) finiront tantôt en spam, tantôt en boîte de réception, ou de plus en plus souvent dans une boîte dédiée aux messages commerciaux et moins prioritaires.

Ce traitement particulier des emails commerciaux constitue un grand défi pour les entreprises, puisque l’on estime qu’environ 20 % des messages dits légitimes finissent leur course en spams, ou sont “perdus”.

Source : Global deliverability benchmark 2019
En violet, les messages arrivant en boîte de messagerie. En jaune, ceux arrivant en boîte de spams et en rouge ceux disparus. Source : Global deliverability benchmark 2019

Le concept de « réputation »

Nous l’avons vu dans le chapitre précédent, les messageries ont pour objectif d’éliminer tous les irritants pour les destinataires des messages. Elles vont donc utiliser tous les indices disponibles permettant de comprendre quels sont les messages dangereux et/ou irritants. Ces indices vont leur permettre de construire des scores de réputation.

Ces scores de réputation sont construits, soit directement par les messageries, soit par des sociétés spécialisées dans la lutte antispam. Il est important d’avoir en tête que chaque acteur a sa propre recette pour construire votre réputation d’expéditeur.

Comme dans la vie réelle, cette réputation “vous colle à la peau”, c’est-à-dire qu’elle est historisée ; vos actions passées, bonnes ou mauvaises, vont continuer à vous suivre. Et comme dans la vie réelle, il est plus facile de perdre sa réputation… que de la construire.

Identifier les éléments influençant votre réputation

Comme on vient de le dire, la réputation est construite différemment par chaque messagerie et par chaque filtre antispam. D’ailleurs, bien souvent, pour chaque messagerie, vous aurez plusieurs réputations :

  • sur vos adresses IP d’envoi : ce sont les adresses “physiques” de votre serveur d’envoi d’emails ;
  • sur vos noms de domaines : que ce soit le nom de domaine de l’adresse email d’expédition de vos messages, ou les noms de domaines contenus dans vos e-mails (hébergement des images, liens…) ;
  • l’empreinte de vos e-mails : les filtres antispam ont maintenant les moyens d’identifier l’empreinte d’une campagne email. C’est-à-dire de reconnaître un message similaire lorsqu’il est envoyé depuis plusieurs environnements différents, et de suivre sa réputation.

Les signaux universels de la réputation

Comme on vient de le voir, les messageries utilisent les indices qui peuvent se présenter à eux afin de définir si un message est désiré ou non. On peut classer ces indices en deux grandes catégories : les indices universels, utilisés par presque tous les systèmes antispam et les messageries, et les indicateurs comportementaux (que nous allons voir dans un instant).

Plaintes spam

Sans doute le pire signal !

Signaler un email avec la messagerie Gmail
Signaler un email avec la messagerie Gmail

Quand un destinataire décide de classer un message comme étant un spam, les conséquences sont importantes pour la délivrabilité de l’expéditeur du message. Si de nombreux destinataires génèrent une plainte spam, les conséquences sont désastreuses.

Adresses erronées

Envoyer vos e-mails à de nombreuses adresses erronées prouve que vous avez une mauvaise hygiène de vos données, ou que vous exploitez d’anciennes listes d’adresses e-mail. Cela va avoir pour résultat des taux de bounce importants, et un impact significatif sur votre réputation d’expéditeur.

Spamtraps

Un spamtrap, ou “piège à spam”, en français, est une adresse e-mail utilisée par les messageries ou l’industrie antispam afin de piéger les spammeurs. Les adresses spamtrap peuvent avoir été créées de toute pièce et disséminées sur Internet, ou être d’anciennes adresses utilisées par des individus et abandonnées par ceux-ci. Après plusieurs mois d’inactivité, les messageries peuvent recycler ces adresses abandonnées en spamtraps.

Les signaux comportementaux

Contrairement aux 3 signaux universels que nous venons de voir, les signaux comportementaux ne sont pas utilisés par toutes les messageries, soit parce que celles-ci ne sont pas très perfectionnées, soit parce qu’elles n’ont pas la possibilité d’enregistrer ces signaux, soit, comme en France, parce que la législation ne permet pas de regarder ce que l’utilisateur fait dans sa boîte email.

Sur le marché français, ce seront principalement les webmails américains qui seront concernés par ces pratiques, et surtout Gmail et Microsoft… qui représentent bien souvent au moins 50 % des bases de données.

Quand on dit que les opérateurs utilisent tous les indices possibles, avec les signaux comportementaux cela fait totalement sens. Dans les signaux comportementaux, on retrouvera :

  • ouverture
  • suppression
  • clic
  • classement/tag
  • transfert
  • réponse
  • désinscription

Pour donner un exemple concret, si une majorité de destinataires suppriment vos e-mails sans même avoir pris le temps de les ouvrir, c’est un signal fort que ceux-ci n’intéressent… personne. Votre réputation en sera donc largement affectée.

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En rouge, les signaux négatifs, en vert les signaux positifs, en haut les signaux universels, en bas les signaux comportementaux.

Calculer votre réputation

Comme on l’a vu, il n’existe pas “une” réputation, mais plusieurs scores. Il n’y a donc pas “une” réputation universelle qui vous permettrait de savoir où vous vous situez. Si la plupart des messageries et des filtres antispam restent très secrets sur la réputation des expéditeurs, il est quand même possible d’avoir des informations sur votre niveau de réputation chez certains :

Travailler votre réputation

Vous aurez accès à un article détaillé sur le sujet des bonnes pratiques de la délivrabilité un peu plus loin. Mais gardez en tête qu’optimiser la délivrabilité revient principalement à faire baisser les signaux négatifs et… à augmenter les signaux positifs.

D’ailleurs, si vous regardez attentivement le graphique récapitulatif présenté ci-dessus, nous sommes largement face à un défi marketing plutôt que technique. La délivrabilité se joue plus sur le terrain de la satisfaction et de l’engagement des destinataires que sur la qualité de la plateforme d’envoi, ou de la configuration technique.

Mesurer la délivrabilité de vos e-mails

Avant de tenter de mesurer votre délivrabilité, il peut être intéressant de comprendre ce que l’on cherche à découvrir derrière ces points de mesure. Ce que l’on veut absolument éviter, c’est d’avoir affaire à un “incident”.

On peut classer les incidents de délivrabilité en 4 catégories :

  • mauvaise catégorisation des emails : dans la plupart des messageries, certains emails sont classés comme importants ou prioritaires, alors que d’autres seront rangés dans une ou plusieurs boîtes annexes (par exemple la boîte Promotion dans Gmail). Dans certains cas, vos emails peuvent être livrés dans la mauvaise boîte. Ce sera le cas par exemple des confirmations d’achat, qui doivent normalement arriver en boîte prioritaire ou en boîte promo ;
  • mise en spam : c’est sans doute l’incident le plus répandu. Au lieu que vos emails soient livrés en boîte de réception, ils sont catégorisés comme spams par la messagerie ;
  • blocage à l’entrée : situation plus grave que la mise en spam, quand vos emails sont purement et simplement rejetés. Même pas acceptés par le serveur de destination. Dans ce cas, vous devriez normalement recevoir une erreur de type “block bounce” ;
  • liste noire : si votre adresse IP ou si votre nom de domaine sont référencés par une “liste noire”, cela peut potentiellement conduire à un blocage complet de vos emails, quelle que soit la messagerie. Nous reviendrons dans le chapitre 5 sur les listes noires, et vous dirons quelles sont celles qui ont une importance déterminante.

Comprendre la notion de “destination”

Avant de vous présenter les principaux indicateurs de performance de la délivrabilité, il est important de comprendre la notion de destination en délivrabilité.

Cette notion tente de regrouper les adresses e-mail en fonction de l’opérateur de messagerie. Pour faire simple, passons par un court exemple. Imaginons une liste des 10 adresses email (toutes ces adresses sont fictives pour l’exercice) :

  1. j.dupont@live.fr
  2. marievv@orange.fr
  3. lukaszbugi@outlook.com
  4. omaris@wanadoo.fr
  5. gwendu@yahoo.fr
  6. leilarepo@neuf.fr
  7. cocotteminute@msn.com
  8. justintime@sfr.fr
  9. gigilamo@hotmail.com
  10. cocochcha@ymail.com

Sur ces 10 adresses e-mail, on voit que l’on a 10 domaines différents. Par contre, certains domaines appartiennent aux mêmes entreprises, et utilisent donc les mêmes filtres antispam et les mêmes scores de réputation :

On va voir dans un instant à quoi tout cela peut bien pouvoir nous servir !

Analyser les performances de livraison

Le taux de bounce

Les bounces, avec les ouvertures, sont l’un des indicateurs les plus précieux en délivrabilité.

Ils peuvent indiquer un blocage dû à une mauvaise réputation ou à un volume d’envoi trop élevé, ou encore à une qualité de base médiocre (ciblage d’adresses inactives ou adresses mal qualifiées/non opt-in).

Calcul du taux de bounce = nombre de bounces/nombre d’e-mails envoyés

Avoir un aperçu des taux de bounce par destination peut vous permettre très rapidement de savoir quand et sur quelle destination vous avez un “blocage à l’entrée”.

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Le taux d’ouverture par destination

S’il y a d’autres indicateurs qui peuvent vous indiquer un incident (le taux de bounce, par exemple), le taux d’ouverture est le plus important et le plus fiable.

Si du jour au lendemain votre taux d’ouverture vers les destinations Microsoft (Hotmail, Live, MSN, Outlook) baisse de moitié, alors que les autres destinations restent stables, c’est que vous avez un problème de livraison chez Microsoft.

Taux d’ouverture sur une semaine
Taux d’ouverture sur une semaine

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Adopter les bonnes pratiques de la délivrabilité

La délivrabilité est un savant mix entre bonne configuration technique et qualité des interactions avec vos destinataires.

Nous avons choisi de mettre le focus sur 5 bonnes pratiques qui vous permettront d’avoir de bonnes bases, lorsque, plus tard, vous serez confronté à un besoin d’optimisation de votre délivrabilité.

Le premier point est résolument technique, les deux suivants croisent technique et pratique marketing, les deux derniers sont clairement orientés marketing… tout est toujours entremêlé en délivrabilité !

Authentifier correctement vos e-mails

L’email tel que nous le connaissons aujourd’hui est né en 1982 (bon, dans les faits, c’est le protocole SMTP qui est né en 1982, mais nous n’allons pas entrer à ce point dans les détails). 1982, c’était il y a une éternité à l’échelle de la technologie. Rendez-vous compte, c’est 8 ans avant l’invention du World Wide Web. À l’époque, les utilisateurs d’Internet ne sont encore qu’une poignée, et personne ne pense à ce moment aux usages détournés auxquels pourrait servir cette technologie.

Si bien qu’à l’origine, tout le monde pouvait prendre l’identité de n’importe qui pour envoyer un e-mail… sans être en infraction par rapport aux règles du protocole SMTP.

Près de 40 ans plus tard, on se rend tout de suite compte que si n’importe qui peut envoyer un e-mail au nom de Paypal… ça peut faire de très gros dégâts ! C’est pourquoi tout au long de l’histoire de l’e-mail, plusieurs technologies successives sont venues renforcer l’identité de l’expéditeur afin d’éviter les abus. C’est ce que l’on appelle l’authentification.

Normalement, les routeurs modernes ne vous laisseront pas envoyer un seul email depuis leur plateforme sans que les 3 principales techniques d’authentification aient été correctement configurées par vos soins. Ces 3 techniques requièrent d’ajouter des informations au niveau de votre serveur DNS (l’annuaire qui permet de relier un nom de domaine à l’adresse physique d’un serveur).

L’authentification SPF

Sender Policy Framework, ou SPF, est une norme d’authentification permettant de réduire les risques d’usurpation d’identité. Avec SPF, vous déclarez les adresses IP et les serveurs ayant le droit d’envoyer des e-mails pour un domaine donné.

Par exemple : v=spf1 a mx include:spf.mailjet.com include:sendgrid.net include:spf.protection.outlook.com ip4:204.128.192.36 ~all

Le nom de domaine qui aurait cet enregistrement SPF autoriserait Mailjet, Sengrid, Outlook.com et une autre adresse IP à émettre des e-mails en son nom.

Présentation schématique de l'authentification SPF
Présentation schématique de l’authentification SPF

L’authentification DKIM

DomainKeys Identified Mail est une norme d’authentification permettant de réduire les risques d’usurpation d’identité.

DKIM utilise un système de signature, afin de s’assurer que l’e-mail envoyé n’a pas été altéré durant son transport vers le destinataire.

Présentation schématique de l'authentification DKIM
Présentation schématique de l’authentification DKIM

L’authentification DMARC

DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting and Conformance) est une technologie permettant de surveiller les problèmes liés à l’authentification des e-mails et à l’usage abusif des noms de domaine (phishing).

DMARC s’appuie sur les systèmes d’authentification SPF et DKIM pour en tirer deux éléments :

  • la possibilité d’indiquer au serveur destinataire ce qu’il doit faire avec les e-mails qui ne seraient pas conformes à SPF et DKIM ;
  • recevoir des alertes en cas de non-conformité ou d’absence d’authentification.
Présentation schématique de l'authentification DMARC
Présentation schématique de l’authentification DMARC

Rendre votre identité d’expéditeur cohérente

Il faut de la cohérence dans la politique d’utilisation des noms de domaines. Les spammeurs tentent de se cacher, vous devez donc être le plus transparent possible :

  • utiliser un/des nom(s) de domaine(s) d’envoi en accord avec votre marque ;
  • utiliser ce nom de domaine (ou un sous-domaine) partout dans votre e-mail ;
  • bannir l’utilisation de noms de domaine externes (domaine de votre routeur dans la mesure du possible, domaines « cryptiques » à la dr753gv.com…).

Exemple de bonne pratique :

Pour garantir le plus de transparence possible, veillez aussi à :

  • bannir l’utilisation d’adresses expéditrices de type noreply@ ou nepasrepondre@, et utiliser une adresse réelle afin de pouvoir réagir aux réponses sur vos e-mails (il y en aura peu, mais il y en aura) ;
  • dire qui vous êtes dans le pied de votre e-mail ;
  • ajouter un lien vers vos mentions légales.

Choisir entre une IP dédiée ou partagée

L’architecture de routage (quels domaines et quelles IP pour quel type d’email) est un élément important de la délivrabilité.

En fonction de vos besoins, vous pourrez établir votre stratégie de routage selon plusieurs critères.

Ces critères tournent majoritairement autour de la notion de « risque », notion qui peut prendre deux acceptions très différentes :

  • une partie de votre trafic est risquée : votre business ou vos pratiques marketing, sur une partie de votre trafic, font que vous avez une mauvaise réputation sur certaines typologies d’envoi. Vous risquez d’infecter les autres typologies ;
  • une partie de votre trafic est cruciale pour votre activité : sur une partie de votre trafic, vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir des incidents de délivrabilité, certaines typologies d’envoi sont hautement stratégiques pour vous. Dans ce cas, vous allez probablement vouloir les isoler afin de les protéger.

Voici un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients en fonction du type d’adresse IP :

IP DédiéesIP Mutualisées
+Réputation dédiée : Possibilité de souscrire à un service d’accréditation• Moins de contrainte sur les volumes et la fréquence d’envoi
• Tous les clients configurés sur ce pool
partagé travaillent pour construire la
réputation
• Processus de « chauffage » des IP
• Envoi journalier recommandé
• Volume constant requis
• Un client pourrait impacter négativement la réputation d’une ou de toutes les IP
• Aucune possibilité de souscrire à un programme d’accréditation

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, avoir une IP dédiée n’est pas le graal de la délivrabilité. Au contraire, si vous faites ce choix, vous aurez seul la responsabilité de vous construire une réputation sur celle-ci.

Collecter des adresses de qualité

Il existe de nombreuses méthodes pour collecter des adresses e-mail. Et certaines sont plus qualitatives que d’autres. En collectant des adresses de qualité, vous allez être capable de diminuer les plaintes, réduire le nombre de spamtraps, augmenter les ouvertures, augmenter les clics, stabiliser les désinscriptions… autant de résultats qui sont bons pour votre réputation d’expéditeur.

Favorisez les sources de collecte de qualité

Privilégiez des adresses collectées lorsque vos clients passent commande, les inscriptions spontanées à votre newsletter, le téléchargement de contenu… À l’opposé, bannissez l’achat et l’échange de fichiers d’adresses e-mail.

Conservez vos sources de collecte

Si vous collectez vos adresses via différentes sources, conservez celles-ci dans votre base de données. Cela vous permettra de vérifier les performances de chacune d’entre elles et, le cas échéant, d’écarter les moins qualitatives et de privilégier celles présentant les meilleurs résultats.

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Envisagez le double optin

Le double optin consiste, après une inscription, à envoyer un e-mail de confirmation demandant une validation de cette inscription. Si le destinataire ne valide pas son inscription… il n’est simplement pas inscrit et ne reçoit pas vos messages.

Ce type de mécanique est obligatoire dans certains pays (en Allemagne, par exemple). Elle permet de s’assurer que la personne qui a validé un formulaire est bien celle qu’elle prétend être. Le double optin est aussi un très bon moyen de vous protéger de certains types de spamtraps.

Ciblez principalement des destinataires actifs

“Permission Marketing is the privilege (not the right) of delivering anticipated, personal and relevant messages to people who actually want to get them. / Le Permission Marketing est le privilège (et non le droit) de délivrer des messages anticipés, personnels et pertinents aux personnes qui souhaitent réellement les recevoir.”

Seth Godin

On ne va pas refaire la liste de tous les signaux qui influent positivement sur la réputation. Mais une chose est claire, il faut pour ça satisfaire à leurs attentes. Par contre, une fois que l’on ne satisfait plus à leurs attentes… ils se lassent et progressivement cessent de réagir à vos messages.

Les inactifs constituent un important danger pour votre réputation. Ils peuvent à la fois héberger des spamtraps, mais font aussi descendre l’ensemble des indicateurs liés à l’engagement.

Plutôt qu’inactifs, on pourrait d’ailleurs les appeler « désengagés ».

Gérer correctement les inactifs, c’est devenu l’objectif principal de toute optimisation de la réputation. Mécaniquement, en réduisant la portion d’inactifs dans vos envois, votre réputation va s’améliorer (bon, évidemment, cela va prendre un certain temps) ; mécaniquement, si les inactifs augmentent, votre réputation va commencer à baisser.

Bien souvent, on définit arbitrairement qu’un destinataire n’ayant plus ouvert ou cliqué dans un de vos e-mails peut être considéré comme inactif. Mais c’est arbitraire. Régulièrement, il faudra se limiter aux ouvreurs/cliqueurs de moins de 3 ou 4 mois pour faire remonter une réputation aux abois. Par contre, dans certains secteurs d’activité, ces limites sont impossibles à respecter. On sera alors plutôt autour de 12 mois pour fixer la limite.

Comprenez les différences entre les messageries

Comme nous l’avons déjà vu précédemment, chaque messagerie utilise son propre mix de technologies afin de filtrer au mieux les messages qu’elle reçoit. Cela veut évidemment dire, malheureusement pour nous, qu’il n’y a pas une seule recette en délivrabilité… mais une multitude de recettes !

Il est donc important de savoir, même superficiellement, quelles sont les grandes différences entre ces messageries, où aller chercher de l’information, et où aller chercher de l’aide.

Identifiez les principales listes noires

Une liste noire, quand on parle d’envoi d’e-mails, est une liste qui recense des expéditeurs ayant des pratiques assimilées à du spam, ou pire, à de la cybercriminalité. On trouve plusieurs types de listes noires, certaines recensent des adresses IP, d’autres des noms de domaine.

S’il existe plusieurs centaines de listes noires sur Internet, seule une poignée d’entre elles ont un vrai impact sur votre délivrabilité au quotidien. La liste noire la plus puissante est celle de Spamhaus. En cas de “listing” sur Spamhaus, il est fort probable que vos e-mails soient bloqués par quasiment toutes les messageries du monde.

Principales listes noires basées sur les IP :

  • Spamhaus : Spamhaus est le plus grand organisme de lutte contre le spam (beaucoup de FAI/webmails utilisent ses listes noires). Son interface permet de vérifier si vos IP et vos domaines figurent sur sa liste ;
  • SpamCop : SpamCop est un service gratuit (fourni par Cisco) qui permet aux personnes de soumettre un spam (SpamCop enverra à l’expéditeur du message une plainte Abuse). SpamCop dispose de son propre réseau d’adresses spamtraps ;
  • SORBS : SORBS est une liste noire propriété de Proofpoint ; elle liste plus de 12 millions de serveurs connus pour envoyer du spam ;
  • Barracuda : BarracudaCentral est la liste noire gérée par l’entreprise Barracuda. Elle est disponible gratuitement, moyennant que ses utilisateurs se déclarent.

Principales listes noires basées sur les domaines :

  • SpamHaus : voir ci-dessus ;
  • SURBL : SURBL est une liste de sites web qui sont apparus dans des messages considérés comme du spam. Ce n’est donc pas une liste d’expéditeurs d’e-mails ;
  • URIBL : URIBL liste des noms de domaines qui sont apparus dans le corps d’e-mails considérés comme du spam ;
  • Invaluement : Invaluement liste des noms de domaines qui sont apparus dans le corps d’e-mails considérés comme du spam.

Il existe de nombreux services qui vous permettent de vérifier la présence ou non d’un domaine ou d’un IP dans une liste noire ; c’est le cas par exemple, et gratuitement, de Multirbl.

Optimisez votre délivrabilité selon votre messagerie

Pour chaque messagerie, nous vous donnerons un cadre générique, vous indiquerons si la messagerie partage des informations de réputation avec les expéditeurs d’e-mails, et nous proposerons quelques liens.

Microsoft

Lorsque l’on parle de Microsoft, on parle principalement de la messagerie grand public, par opposition à Office365 qui est la messagerie que Microsoft met à disposition des entreprises. Microsoft utilise des données comportementales mais aussi des panels utilisateurs en plus des signaux universels, afin de construire son score de réputation. Celui-ci est principalement basé sur la réputation au niveau de l’IP.

Gmail

Lorsque l’on parle de Google comme destination, on parle à la fois de Gmail pour le grand public, mais aussi de G-Suite à destination des entreprises. Google utilise intensément les données comportementales dans la construction de ses scores de réputation. Ceux-ci sont principalement basés sur la réputation du domaine et des adresses IP. L’empreinte des messages a aussi une grande importance.

Yahoo!

L’étiquette Yahoo! regroupe maintenant les différentes entreprises de Verizon Media, comme AOL et Yahoo!. Ces entreprises utilisent des données comportementales et apportent une grande importance à la qualité des liens contenus dans les e-mails.

Orange

Lorsque l’on parle d’Orange, on entend les services e-mail grand public d’Orange, principalement utilisés par les clients de l’entreprise. Orange utilise principalement des signaux universels afin de construire votre réputation.

Free

Free regroupe les webmails de l’opérateur et de toutes les entreprises qu’il a rachetées dans son histoire. Les filtres de Free sont principalement basés sur les volumes de plaintes, les spamtraps et la qualité des adresses.

Laposte.net

Webmail propriété de La Poste. Ses filtres sont principalement basés sur le volume de plaintes et sur la qualité des adresses.

SFR

SFR regroupe les webmails de l’opérateur et de toutes les entreprises qu’il a rachetées dans son histoire. Ses filtres sont principalement basés sur le volume de plaintes et sur la qualité des adresses.