#ZeroCarbonEmail : Compte rendu de l’#emday19 … on fait quoi maintenant ?

Comme l’ont déjà dit d’autres, l’email marketing day de cette année était une belle réussite, tant du point de vue de l’organisation (un lieu absolument fantastique), que du contenu des conférences et ateliers !

Cette année, Badsender proposait un atelier de 45 minutes autour du thème : “Et si on créait une initiative ZERO CARBONE dans le secteur de l’emailing ?“. L’envie d’apporter ce thème à l’emday vient de nos propres réflexions internes sur ce que l’on peut faire de plus écologique dans notre boulot. On ne voyait pas vraiment l’atelier comme une prise de risque… mais on ne savait pas du tout si nous étions isolés sur le sujet, si d’autres se posaient ces questions… est-ce qu’on allait en discuter à 4 ou 5 pendant l’atelier, ou est-ce que de nombreuses personnes auraient envie de se saisir du sujet ?

Visiblement, c’était le bon moment d’amener le sujet ! Dès la première intervention, Yves-Marie Le Pors-Chauvel mettait en avant l’économie de carbone qu’a constitué la remise à plat de la stratégie de gestion des inactifs de CCM Benchmark.

Et dans beaucoup d’autres sessions cet impact sur les émissions carbone de notre industrie ont été cités.

Nous avons donc été surpris d’accueillir environ 30 personnes lors de cet atelier. Les débats furent très intéressants… et nous aurions facilement pu continuer encore 2h à échanger. Ce n’est que partie remise !

Atelier Zéro Carbone : Résumé de la 1ère partie

Nous avons commencé l’atelier par 10-15 minutes de réflexions avant de démarrer la discussion. Voici la présentation qui a été utilisée, suivi d’un petit “transcript”.

Pour démarrer, Fabien et moi avons insisté sur le fait que cet atelier est une initiative de Badsender, mais que le résultat de la réflexion et les actions qui devront être prises ensuite appartiennent à la communauté, à l’industrie, et plus largement à l’ensemble des #emailgeeks.

Quelques chiffres

Pour démarrer… les chiffres sur les émissions de CO2 de l’email sont rares… et anciens… et pas toujours cohérents. Néanmoins :

Envoyer un email coûterait 19 grammes de CO2 (source Ademe), selon le SNCD, en 2018, notre industrie aurait envoyé 131,1 milliards d’emails. Par an, cela ferait donc “au moins” 2,5 millions de tonnes d’émissions CO2 pour notre industrie ! Soit l’empreinte carbone de plus de 200.000 français (Eurostat)… et ça, c’est uniquement le coût de l’email dans l’inbox du destinataire, pas toute la logistique marketing pour l’expédier !

La consommation du monde numérique est… astronomique :

416.2 terawatt hours of electricity world’s data centres used last year was far higher than UK’s total consumption
– The independent – Janvier 2016

La consommation du monde de l’entreprise est… astronomique :

Une entreprise de 100 personnes génère chaque année rien qu’avec son courrier électronique 13,6 tonnes d’équivalent CO2, soit l’équivalent de 14 allers-retours Paris et New York.(ADEME)”

Qu’ils soient justes… ou pas… on s’en fout des chiffres ! On doit avancer, c’est tout !

Nos premières réflexions internes

Avant de venir à l’emday, nous nous sommes posés avec Fabien pour réfléchir à différentes pistes sur lesquelles nous avions la possibilité d’agir. Nous avons classé celles-ci en 4 grandes catégories :

  1. L’inbox du destinataire (sans oublier nos boîtes pro) : c’est toute l’énergie dépensée pour stocker et afficher les emails après leur envoi.
  2. Les solutions marketing (et l’hébergement) : c’est toute l’énergie dépensée avant et pendant l’envoi des emails aux destinataires (données, créations, …)
  3. Les ressources humaines de l’email marketing : c’est l’énergie dépensée par les humains travaillant sur les campagnes email marketing
  4. La compensation carbone : il ne faut pas se leurrer, il sera difficile de réellement devenir neutres en carbone. C’est pourquoi il sera peut-être nécessaire de passer par des mécaniques de compensation.

Un sujet que nous n’avons pas abordé pendant l’atelier de l’emday, c’est la finalité de nos campagnes marketing. Basiquement certains considéreront (pas tout à fait à tort) que faire du marketing, c’est générer des besoins inexistants. Cette incitation à la consommation ne pourrait être que génératrice de pollution. C’est un sujet de débat très intéressant et pertinent. Mais que nous avons préféré ne pas aborder pour l’instant. Le risque étant que ce débat là prenne toute la place, sans mener vers des pistes concrètes. Nous reviendrons peut-être par la suite sur celui-ci.

Les résultats de notre micro-enquête

Il y a deux semaines, nous avions lancé une enquête afin de vous poser quelques questions sur votre vision de ce débat, sur les opportunités, sur les priorités. Attention, ce ne sont que quelques chiffres indicatifs, la participation ayant été… limitée 😉 Voici les résultats.

  • Pensez-vous que les entreprises (quelque soit le secteur) doivent faire des efforts concernant l’environnement ? 100% = oui !
  • Quelles pistes vous semblent prioritaires ?
    • 79% – Utiliser des centres de données neutres en carbone
    • 43% – Suggérer au destinataire de nettoyer sa boîte email
    • 43% – Nettoyer/archiver régulièrement les données sur les serveurs
    • 43% – Transport domicile bureau des travailleurs de l’emailing
    • 36% – Efficacité énergétique des bâtiments des entreprises
    • 36% – Mettre en place des mécaniques de compensation carbone
    • 29% – Créer des emails plus légers
  • Pensez-vous que les annonceurs sont prêts à payer (légèrement) plus cher pour choisir des prestataires ayant des pratiques plus écologiques ?
    • 70% = oui
    • 30% = non
  • Quelles seraient vos idées sur le sujet ? (question ouverte dont voici quelques réponses) :
    • « Le “non” à la question précédente, même s’il est forgé sur une intime conviction, n’est pas forcément synonyme de défaitisme. On peut aussi faire changer les habitudes en incitant les utilisateurs à mieux cibler. C’est moins de mails envoyés (donc une “empreinte” réduite), c’est moins coûteux pour eux, ca apporte de meilleurs résultats et entretien la réputation d’expéditeur (en respectant les bonnes pratiques). Au final, pour le routeur, c’est aussi bénéfique : certes, moins de mails envoyés c’est (souvent) un CA réduit (dans le modèle actuel), néanmoins, c’est aussi des clients plus satisfaits et une réputation de routeur optimisée. Tout le monde y gagne donc, sans avoir l’impression désagréable d’une écologie qui ne fonctionne que sur le mode “punitif”. My 2 cts. »
    • « Très honnêtement, je n’en n’ai pas plus que cela par manque de connaissance de la véritable empreinte écologique de notre activité. Mais faire un nettoyage “forcé” ou archivage dans le cas de mails non commerciaux des boîtes mails serait certes, la solution la plus radicale, mais le pus efficace de mon point de vue. »
    • « Réduire les envois : privilégier l’efficacité et la qualité, par rapport à  la quantité de messages promotionnels. Ceci étant de toute façon une bonne pratique d’une manière générales…Pour les envois transactionnels, pourquoi ne pas aller jusqu’à se limiter au format texte ? Je pense que cela est souvent suffisant. »

Place au débat : résumé de la 2e partie

Comme dit plus haut, la plus grande partie de l’atelier a été dédiée à un débat entre toutes les personnes présentes. La but étant de mixer nos jus de cervelle afin de voir ce que nous pourrions mettre en place COLLECTIVEMENT !

Pour faciliter la réflexion, nous sommes repartis des 4 catégories présentées plus haut et avons laissé la salle discuter.

Les sources d’émission/réduction

  • L’inbox du destinataire :
    • Suggérer au destinataire de nettoyer sa boîte email
    • Créer des emails plus légers (poids, couleurs, compression des images, …) : ce sont des recommandations qui pourraient être intégrées dans les solutions de gestion de campagne.
    • Organiser une meilleure information du grand public (mais aussi des pros) sur leur responsabilité à ce niveau
    • Concevoir un bouton de nettoyage des emails périmés dans les interfaces des clients email (basé par exemple sur des dates de fin de promotions dans les méta-données des emails)
    • Dans l’interface des clients emails, ajouter des indicateurs de consommation de CO2 et du potentiel de réduction si l’utilisateur nettoie régulièrement ses emails.
  • Les solutions marketing :
    • Utiliser des centres de données neutres en carbone
    • Nettoyer/archiver régulièrement les données
    • Introduire des critères écologiques dans les appels d’offre
    • Améliorer la connaissance client et le ciblage afin de ne pas envoyer d’emails inutiles
    • Indiquer aux annonceurs leur “poids” carbone dans les tableaux de bord et les rapports de campagnes : ce qui permettrait de les inciter à avoir de meilleures pratiques (qui sont d’ailleurs proches des objectifs de travail sur les inactifs)
  • Les ressources humaines de l’email marketing :
    • Transport domicile-travail
    • Efficacité énergétique des bâtiments des entreprises

Il a aussi été discuté des mécaniques de compensation carbone. Nous avons aussi discuté du financement, certains évoquant que c’était un faux débat dans la mesure où quoi qu’il arrive il faut avancer le plus rapidement possible sur ces sujets.

Que mettre en place collectivement ? Comment avancer ?

C’est un point qui nous tenait à cœur, avoir des idées sur les prochaines étapes !

Piste 1 : créer un espace de discussion !

C’est chose faite. Nous avons ouvert un Slack disponible à cette adresse : https://zerocarbonemail.slack.com/

C’est un lieu de discussion provisoire, nous verrons si c’est le meilleur endroit pour discuter ou s’il faut par exemple rejoindre les slack des #emailgeeks (dans ce cas, il faudra éventuellement discuter en anglais).

Pour demander à rejoindre le Slack #zerocarbonemail, n’hésitez pas à remplir le formulaire ci-dessous, et nous vous ajouterons (vous ne recevrez aucun email de Badsender en vous inscrivant, on n’a même pas mis de case d’optin). Si le formulaire ne s’affiche pas, désactivez votre Adblocker 😉

Piste 2 : Concevoir une charte des pros de l’email

Pas encore d’échanges concrets à ce niveau, l’idée est de lister et figer certaines pistes et de permettre à certains de s’engager sur des évolutions. A développer.

Piste 3 : Créer un site d’information pour le grand public sur ces questions

Cela permettrait par exemple aux annonceurs de sensibiliser leurs audiences à l’impact de la conservation “illimitée” des emails. A développer.

Piste 4 : Création d’un étude fiable sur la dépense carbone de l’email

C’est un sujet qui a été largement débattu (en dehors de l’atelier aussi d’ailleurs), les chiffres sont variés… et pas très frais ! Il serait intéressant de travailler sur une étude spécifique à notre secteur… qui permettrait d’ailleurs de définir quelles actions ont les impacts les plus importants. A développer

Piste 5 : Concevoir des spécifications permettant d’ajouter des informations sur les dépenses de CO2 dans les rapports de campagnes

C’est une piste particulièrement pertinente afin d’objectiver l’impact carbone des campagnes. Une méthodologie globale du secteur pourrait permettre aux marketers de travailler leurs stratégies marketing en ayant cet indicateur en tête. A développer aussi 😉

En conclusion : bougeons-nous !

Si ces débats ont été intéressants, n’attendons pas 36 ateliers de travail (même si certains adorent ça) pour avancer. Certaines initiatives peuvent permettre d’avancer rapidement (migration vers des data centers neutres en carbone, augmentation du télétravail, réduction du poids des emails) en attendant d’avancer sur des pistes plus structurelles. Montrons chacun l’exemple de notre côté tout en continuant à discuter sur des actions communes et concertées.

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Nous vous attendons nombreux !

A propos de Jonathan Loriaux

Actif depuis plus de six ans dans l'emailing, j'ai eu un parcours qui a commencé du côté technique (intégration de campagnes emailing) avant de m'orienter vers la vente (en tant qu'expert eCRM) et enfin le conseil marketing. Depuis 4 ans je suis l'auteur du blog Badsender.com. L'emailing n'est pas seulement une expertise, c'est véritablement devenu ma passion, c'est pourquoi Badsender est maintenant mon activité principale avec la création d'une activité de consultant emailing liée au site.

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