Interview de Mailin : “nous sommes encore à la préhistoire de l’email”

mailin-logoDans notre cycle d’interviews des plateformes d’envoi d’emails, nous accueillons cette semaine Mailin. C’est Armand Thiberge, fondateur de Mailin qui répond à nos questions.

Pouvez-vous en quelques mots nous faire un historique de Mailin ? Quand la plateforme a-t-elle été fondée, par qui, est-ce que la business model a évolué depuis le début de l’aventure ?

La première version beta de Mailin a démarré courant 2011 ; la version stable de Mailin est sortie en septembre 2012. Nous venons de l’univers du développement web puisque j’ai monté ma société de développement web en 2007 en Inde. Nous avons découvert l’emailing via nos clients e-commerçants qui voulaient envoyer leurs newsletters. Dès le début, nous avons conçu la solution pour qu’elle soit “scalable”, c’est à dire qu’elle puisse s’adapter à n’importe quel type de client, n’importe quel volume. Vous pouvez aujourd’hui gérer et segmenter une base de 5 millions d’emails avec Mailin.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de Mailin ? Qu’est-ce qui vous distingue par rapport aux autres acteurs de ce marché très concurrentiel ?

Le marché est en effet très concurrentiel. Presque chaque mois, de nouveaux acteurs proposent une nouvelle solution. Pendant quelques années, les acteurs “historiques” du routage emailing ont gagné beaucoup (trop) d’argent avec des modèles basés sur des équipes commerciales sillonnant la France ; je pense que certains ont un peu oublié le produit. Il est normal que ces acteurs soient aujourd’hui challengés.

De la même façon que vous avez eu le web 1.0 et le web 2.0, vous avez l’emailing 1.0 et l’emailing 2.0. L’emailing 2.0 tire partie d’innovations technologiques tournant autour du Cloud, de l’Open-source et du Saas.

Ces nouvelles solutions emailing 2.0 permettent de faire plus pour moins cher. Mailin fait partie de ces nouveaux entrants de l’emailing 2.0 et s’adresse à un public très large : des TPE/indépendants aux marketers en passant par les e-commerçants. Nous avons conçu notre service pour être à la fois très facile à utiliser, simple, beau et fonctionnellement très riche avec un moteur de segmentation très puissant. J’espère que le résultat est à la hauteur de cette ambition.

Quels sont pour vous les 3 grands défis pour les prochains mois dans le monde de l’emailing ?

Le défi de l’emailing reste la délivrabilité : faire en sorte que les campagnes marketing arrivent en boite de réception. Aujourd’hui, et malgré les promesses de nos concurrents que je comprends bien, la délivrabilité est avant tout le fait du client. Le défi est aujourd’hui d’arriver à expliquer à nos clients comment et à quel rythme solliciter leur base de clients. Beaucoup d’e-commerçants sont allés trop loin et ont à mon avis des stratégies emailing trop agressives ; à nous de leur expliquer mais ce n’est parfois pas très facile quand on voit les ROI des campagne emailing.

Le mobile et les réseaux sociaux sont 2 autres grands défis très importants à moyen-terme.

Quels sont les prochaines évolutions de votre plateforme ?

Nous travaillons beaucoup sur le produit. Nous avons une équipe de développement de plus de 15 personnes. Aujourd’hui, notre activité tourne presque exclusivement autour de l’emailing de fidélisation. Nous avons aujourd’hui une solution gratuite pour l’email transactionnel que nous avons lancé il y a quelques mois. Les retours clients sont très bons. L’interface graphique permet de voir en direct les emails partir, être délivrés, être ouverts sur votre écran. Je pense que nous sommes les premiers à proposer un véritable temps réel graphique.

Nous souhaitons aussi proposer une solution d’emailing de conquête car beaucoup de nos clients nous le demandent. A court-terme, nous avons encore pas mal de choses dans le pipe :

  • un nouvel éditeur de template 100 % “email responsive”
  • amélioration des interactions entre notre solution SMTP et notre solution marketing
  • gestion des templates d’emails transactionnels 

Est-ce que vous proposez à vos clients un mode “Freemium” (version gratuite avec de fonctionnalités réduites) ?

Oui. Le mode “freemium” de Mailin est très généreux : la mode gratuit permet d’accéder à toutes les fonctionnalités de Mailin, d’envoyer un nombre illimité d’emails pour une base de moins de 2000 contacts. Nous allons revisiter notre politique tarifaire dans les semaines à venir et notre solution Freemium sera un petit peu moins généreuse. Avis aux amateurs avant la mise à jour 🙂

Qu’est-ce que vous en retirez ?

Nous sommes une jeune solution qui gagne en visibilité tous les jours ; aussi le modèle freemium permet de nous faire connaître via le bouche à oreille. Cette stratégie nous a permis d’avoir aujourd’hui plus de 3000 clients en moins d’un an et une croissance mensuelle à deux chiffres.

Qu’est-ce que vous pensez du marché français de l’emailing ? Est-ce que l’on est arrivé à maturité ou est-ce qu’il reste de la place pour de nouvelles innovations ?

Je ne sais pas s’il y a vraiment un marché français de l’emailing : la plupart des acteurs français sont présents à l’international. De la même manière, on voit pas mal d’acteurs étrangers attaquer le marché français.

Les acteurs historiques doivent faire face à beaucoup de nouveaux entrants qui mettent à mal leur position dominante. C’est une période intéressante. L’importance des smartphones, les interconnexions grandissantes des systèmes d’informations impose de proposer des gabarit “email responsive” et de proposer des API toujours plus puissantes.
Il y a encore un nombre très important d’innovations à réaliser ; je pense que nous sommes encore à la préhistoire de l’email. Le mode “je shoote toute ma base de données tous les jours” est maintenant révolu. Demain, il y aura beaucoup plus de comportemental dans l’emailing, des campagnes plus ciblés. Le BigData permet aujourd’hui de réaliser des stratégies emailing complexes qui n’étaient pas pensables il y a encore 3 ans. Par ailleurs, le marketing direct se fera demain aussi sur les réseaux sociaux et c’est évidemment un défi important pour nous. Je pense qu’il est encore trop tôt pour savoir à quoi ressemblera le marketing direct dans 5 ans mais il est clair que l’email a encore de très beaux jours devant lui, à condition qu’il innove bien-sûr.

Un dernier mot pour conclure ?

Merci beaucoup de nous avoir invité et bravo à toute l’équipe de badsender.com d’avoir créé ce blog sur l’emailing : beaucoup d’infos passionnantes sur l’emailing !

A propos de Jonathan Loriaux

Actif depuis plus de six ans dans l'emailing, j'ai eu un parcours qui a commencé du côté technique (intégration de campagnes emailing) avant de m'orienter vers la vente (en tant qu'expert eCRM) et enfin le conseil marketing. Depuis 4 ans je suis l'auteur du blog Badsender.com. L'emailing n'est pas seulement une expertise, c'est véritablement devenu ma passion, c'est pourquoi Badsender est maintenant mon activité principale avec la création d'une activité de consultant emailing liée au site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *