Interview, Julia Janssen-Holldiek : “Certified Senders Alliance n’est plus un projet allemand ”

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré Julia, Manager Business Development & ISP Relations chez Certified Senders Alliance, à Paris afin de parler des opportunités de CSA pour les expéditeurs d’email en France.

Jonathan Loriaux – D’un point de vue français, CSA est une organisation étrangère qui n’a pas d’équivalent en France. Pourquoi et quand ce projet a-t’il démarré ?

Julia Janssen-Holldiek – Le projet a été initié il y a 12 ans par eco – l’association de l’industrie internet en Allemagne. Le déclencheur a été l’absence de standards de qualité sur les aspects techniques et légaux de l’email marketing.

JL – Ce projet a démarré comme une collaboration entre FAI et routeurs d’email ?

JJH – Exactement. Le CSA a été créé afin d’agir comme une interface entre les expéditeurs d’email et les plateformes les recevant (webmail et FAI) afin de simplifier le communication entre ceux-ci. Le création d’un standard fut la solution la plus évidente pour cela.

JL – Est-ce qu’il y a une organisation comme CSA en France ?

JJH –CSA a démarré comme un projet allemand, mais a étendu sa portée à travers l’Europe et même dans le monde. Nous avons conçu un réseau international de FAI et de partenaires technologiques, qui à leur tour ont attiré des expéditeurs d’email internationaux. C’est aussi le cas de routeurs français. Nous ne sommes pas au courant d’une organisation française qui proposerait le même genre de services que CSA.

JL -Est-ce que cela fait une grande différence pour les annonceurs d’être certifiés ou non ? Quel est le réel impact d’une certification pour un routeur email ?

JJH – Commençons par un bénéfice globale fourni par la certification CSA. Cela permet aux routeurs d’améliorer leur délivrabilité, ceci est le résultat de la mise en liste blanche des adresses IP, ce qui permet aussi de se mettre en conformité avec la législation européenne en recevant les retours de plaintes générées par les utilisateurs via le bureau des plaintes de eco. Les plaintes des utilisateurs sont transférées aux expéditeur, ce qui les aide à maintenir une haute réputation de leurs adresses IP. De plus, ils peuvent utiliser le logo de CSA comme une preuve de la qualité de leurs envois lorsqu’ils discutent avec des prospects. Les FAI partenaires du CSA améliorent les fonctionnalités de leurs filtres anti-spam et peuvent alléger leurs services de gestion des plaintes.

La valeur ajoutée de la certification CSA dépend en fait de chaque expéditeur d’email. Si un expéditeur a déjà un taux de délivrabilité proche de 100%, il ne va évidemment pas améliorer sa délivrabilité avec les listes blanches de CSA. Par contre, sur les questions de conformité légale et de relations avec les FAI, un expéditeur peut aussi bénéficier du support CSA. De même, CSA peut aider à maintenir un haut niveau de délivrabilité avec l’aide du complaint desk d’eco.

L’expérience montre que les expéditeurs n’ont généralement pas un taux de délivrabilité de 100% mais plutôt autour de 83%. CSA peut donc généralement améliorer de manière significative la délivrabilité. Nous avons 37 FAI internationaux et partenaires technologiques qui proposent un traitement préférentiel des adresses IP présentes dans notre liste blanche.

JL – Est-ce que votre complaint desk s’adresse exclusivement aux routeurs ?

JJH – Non, le complaint desk reçoit tous types de plaintes, mais le processus peut-être différent. Le CSA certifie l’entité légale qui envoie techniquement l’email. Dans la plupart des cas, celle-ci est le routeur, mais certains annonceurs envoient leurs emails depuis leur propre plateforme et veulent être certifiés individuellement. S’il y a une plainte relative à une entité légale certifiée, le complaint desk va demander des informations à propos de l’expéditeur, comme les types d’optin et initier un processus de plainte.

JL – Si un annonceur n’est pas certifié, est-ce qu’il est encore possible d’envoyer un email vers un FAI allemand ? Ou est-ce plus compliqué ?

JJH – Il est encore possible d’avoir un haut taux de délivrabilité en Allemagne sans être certifié. J’ai expérimenté une situation avec un routeur international qui voulait étendre son business en Allemagne, mais n’était pas familier avec les règles légales et les demandes des FAI allemands. Dans ce cas, la certification CSA peut constituer une aide précieuse. Même les routeurs allemands, qui sont familiers avec toutes les conditions trouvent dans la procédure de Whitelisting un avantage additionnel pour leur délivrabilité. De plus, les marques allemandes comprennent très bien la valeur ajoutée de la certification CSA et incluent régulièrement ces conditions dans leurs appels d’offre à destination des routeurs.

JL – Mais une des raisons des demandes de certification reste quand même un incident de délivrabilité existant ?

JJH – C’est la raison la plus fréquent de demande de certification, mais il y a de nombreux autres avantages à cette certification. Le CSA préfère travailler avec des expéditeur sur le long terme afin de leur offrir du support, pas uniquement sur la construction d’une bonne réputation IP, mais aussi sur le maintien de cette réputation. Nous fournissons une boîte à outils complète pour réaliser cela.

JL – CSA est une association Allemande et actuellement vous avez plus de membres internationaux qu’allemands. Est-ce l’objectif de vous étendre partout dans le monde ou désirez-vous rester allemands avant tout ?

JJH –CSA est un projet de deux association allemandes. Nous sommes toujours basé à Cologne en Allemagne. Pour autant, nous avons acquis des FAI et des partenaires techniques partout dans le monde. Ce n’est plus un projet allemand. Je voudrais citer un FAI qui fait partie de nos partenaires internationaux et qui réagissait à une question similaire alors que nous étions en train de discuter de régulation et de législation. Il disait : « Vous savez-quoi ? L’email est global. C’est tout ! ».

Nous partageons une vision similaire.

JL – A propos des annonceurs français. S’ils n’envoient aucun email vers l’Allemagne ou l’Autriche, devraient-ils envisager la certification CSA ?

JJH – À nouveau, l’email est global, donc la réponse est oui. Il est très probable que les routeurs français ont des clients qui envoient des emails en Allemagne ou n’importe où ailleurs qu’en France. S’ils font face à des problèmes avec des FAI internationnaux comme par exemple Cloudmark, Yahoo!, AOL, Yandex, alors la certification CSA devient pertinente dans une optique de délivrabilité.

Nous les invitons à jeter un œil à notre site web et à s’abonner à notre newsletter.

Plus d’informations peuvent être trouvées ici : https://certified-senders.eu

A propos de Jonathan Loriaux

Actif depuis plus de six ans dans l'emailing, j'ai eu un parcours qui a commencé du côté technique (intégration de campagnes emailing) avant de m'orienter vers la vente (en tant qu'expert eCRM) et enfin le conseil marketing. Depuis 4 ans je suis l'auteur du blog Badsender.com. L'emailing n'est pas seulement une expertise, c'est véritablement devenu ma passion, c'est pourquoi Badsender est maintenant mon activité principale avec la création d'une activité de consultant emailing liée au site.

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