Délivrabilité : Quelles différences il y a-t-il entre black, white, green et grey listing ?

Trop souvent j’ai entendu des marketeurs s’écrier au téléphone « Je suis blacklisté par Orange, qu’est-ce que je dois faire… ». Alors qu’après quelques tests, ce n’était pas forcément le cas… Ainsi, ça fait longtemps que je voulais réaliser un petit article sur les différents termes de listing employés dans le jargon de la délivrabilité, histoire de démocratiser certaines choses 😉

Qu’est-ce que le « Black Listing » ?

Explication du black listing

blacklisting

  1. L’annonceur envoie ses e-mails via son routeur (ou par lui-même).
  2. Le filtre Anti-Spam analyse la réputation de l’annonceur.
  3. Le filtre Anti-Spam refuse les connexions suite à une mauvaise réputation de l’annonceur (ou à un contenu de message non approprié), des bounces sont envoyés avec un code de type 4.xxx.xxx (softbounce) à l’expéditeur (routeur ou annonceur).

Conclusion

Le « black listing » résulte, soit d’une mauvaise réputation (IP/domaine), soit d’une mauvaise identification de l’expéditeur (expéditeur inconnu du système), soit d’un contenu inapproprié (mots spam, liens blacklistés).

Il peut-être temporaire (quelques heures, quelques jours) ou permanent (dans ce cas, il faut prendre contact avec l’administrateur réseau du domaine où vous êtes bloqué afin d’obtenir la raison et de savoir comment vous faire délister).

Quand un annonceur est « blacklisté », aucun e-mail n’est délivré.

Qu’est-ce que le « White Listing » ?

Explication du whitelisting

whitelisting

  1. L’annonceur a souscrit soit à un programme de certification (cf. CSA ou SenderScore) et envoie avec des IP certifiées, ou à préalablement demandé à l’administrateur réseau du domaine à être autorisé à contacter ses collaborateurs.
  2. L’annonceur a des avantages sur le filtre Anti-Spam :
    • Via un programme de certification : Ses seuils de tolérance sont augmentées (par exemple, le taux de plaintes accordé peut passer de 0,2% à 1%). En fait, tout dépend de ce qui est accordé avec la certification (ceci varie d’un FAI à un autre).
    • Via un administrateur réseau : Son IP et/ou son sous-domaine sont ajoutés à une exception ce qui permet de passer le filtrage sans encombre (surtout utilisé en BtoB).
  3. Le message est délivré dans la boite aux lettres du client.

Conclusion

Le « Whitelisting » apporte des avantages non négligeables à un annonceur du moment que celui-ci souscrit (et oui c’est payant !) à un programme de certification ou que l’administrateur réseau décide d’enregistrer les paramètres techniques de l’annonceur (IP/domaine).

Concernant la certification, ceci ne l’empêchera pas tout de même de respecter les bonnes pratiques en vigueur puisque l’on doit répondre à certains critères pour être certifiés et si vous fautez, vous la perdrez (partiellement ou totalement mais vous continuerez à la payer :p).

Il existe des listes blanches gratuites mais qui ne procurent pas réellement de gros avantages sur les filtres Anti-Spam…

Qu’est-ce que le « Green listing » ?

Explication du greenlisting

greenlisting

  1. L’annonceur envoie ses e-mails via son routeur (ou par lui-même).
  2. Le filtre Anti-Spam analyse la réputation de l’annonceur puis le message.
  3. Si le message n’est pas filtré en amont, il sera délivré automatiquement dans la boite de réception du destinataire puisque celui-ci aura préalablement enregistré l’annonceur dans son carnet d’adresses (IP et/ou adresse expéditrice).

Conclusion

Le « Greenlisting » garantit certes l’arrivée du message en boite de réception chez le destinataire du moment que :

  • Le destinataire a bien enregistré dans son carnet d’adresses l’adresse expéditrice de l’annonceur (ou l’IP).
  • Le filtre Anti-Spam ne refuse pas le message.
  • L’annonceur utilise toujours la même adresse expéditrice (ou IP).

Qu’est-ce que le « Grey Listing » ?

Explication du greylisting

greylisting

  1. L’annonceur envoie ses e-mails via son routeur (ou par lui-même).
  2. Le filtre Anti-Spam refuse automatiquement ce premier envoi et renvoie à l’expéditeur un softbounce de type 4.xxx.xxx (par exemple : 451 Try Later).
  3. Le routeur traite ce genre d’erreurs comme un blocage temporaire. L’e-mail est en attente et sera retenté via le système de reprises (les messages refusés sont retentés).
  4. Le message est renvoyé au destinataire peu de temps après son premier refus.
  5. Le filtre Anti-Spam accepte le message et le délivre dans la boite aux lettres du destinataire.

Conclusion

Le greylisting est une technique de lutte contre le spam utilisée très souvent sur les serveurs d’entreprises. Il permet de se protéger efficacement puisque le spammeur de masse (on parle de Botnet ici) ne retentera pas l’envoi du message (il sera bloqué de toute façon au bout de quelques minutes après son envoi de masse mais aura déjà fait beaucoup de dégâts).

Donc pas de panique, les routeurs utilisent des systèmes de reprises qui permettent de retenter plusieurs fois les messages de type « softbounces » sur une même campagne pour palier à ce genre de protection.

Conclusion générale

Voilà, tout a été dit, dorénavant vous n’avez plus d’excuses pour employer les mots « blacklisting » ou toute autre forme de listing à tort 🙂

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A propos de Sébastien Fischer

Sébastien est la principal intervenant autour des questions de délivrabilité dans l'équipe de Badsender. Il travail sur le sujet depuis plus de 10 ans, et a passé toute sa carrière chez des routeurs dont Emailvision, Adobe Campaign ou Cabestan.

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2 commentaires

  1. Bonjour,

    Merci pour votre article, intéressant qui plus est pour un non technicien comme moi.
    Ma question sous-jacente est, quelle est ma couleur quand j’arrive à destination mais dans la poube… en spam pardon? En grey je suppose?
    Concernant la Greenlist, est-il possible de savoir si on y est? Ou bien est-ce juste des bonnes pratiques qui logiquement devraient potentiellement permettre de peut-être on sait jamais le devenir?

    Bonne journée,
    Vincent

  2. Bonjour Vincent,

    La mise en spam ne rentre pas dans ces catégories malheureusement. Si on devait lui définir une couleur, ça serait du « rouge » (noir = on ne passe pas, blanc = on est très bien vu, vert = on est bien vu par une personne). C’est à dire que l’on a fait quelque chose qui n’a pas plu mais pas assez pour ne plus avoir le droit de délivrer un e-mail.

    En ce qui concerne la greenlist, il n’y a pas moyen de savoir/vérifier qui a ajouté votre sender à son carnet d’adresses. Habituellement, on recommande de mettre dans le pre-header une petite phrase d’intro pour demander à ses abonnés d’ajouter le sender à leur carnet mais honnêtement je ne pense pas qu’un abonné ait besoin de cela pour l’ajouter, il le fera naturellement 😉

    Bonne journée également,
    Sébastien.

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